Histoires de Yashiro (II), par MIYAMOTO Tsunéichi (extraits)

II

La première année d’Eikan (983), près de cent-trente-quatre ans depuis qu’ABE no Narikiyo avait inauguré le domaine de Yashiro, MINAMOTO no Shitagô  mourut. Il est l’auteur du plus vieux dictionnaire japonais, le Wamyô-shô (Précis des noms japonais) et était en outre poète. Dans le Wamyô-shô, il est mentionné qu’il y avait trois villages dans le district d’Ooshima : Yashiro, Mibu et Muri ( ?). « 美敷 » se lit « Mibu »  et souvent s’écrit avec les caractères « 壬生 ». Ce sont des toponymes qui se retrouvent dans chaque région, et il n’est pas rare que qu’on les prononce, par suite d’une déformation dialectale, « Nifu ». On l’écrit [alors] 丹生, mais il existe aussi des exemples qui s’écrivent 入. Dans l’est du district d’Ooshima, il y a Tononyû 外入 et Uchinonyû 内入, et on peut penser que le « nyû入 », ne s’y lisant pas « iri », venait du mot « nifu » , et que cette zone était à l’origine comprise dans le village de Mibu. On est convenu de dire que Muri était dans la zone qui va de Kuka à Age-no-shô et Hira’i. (cf. Ière partie, 3° : « La plage, le sel et les gens de la mer »)
Les institutions de ce village remontent à vieux, à la réforme du gouvernement de l’ère Taika (745), et à cette époque, « village » ne s’écrivait pas gô郷, mais sato 里, aussi l’on comprend que 郷 ne se lisait pas « »,  mais « sato ».

Les institutions de ce village remontent à vieux, à la réforme du gouvernement de l’ère Taika (745), et à cette époque, « village » ne s’écrivait pas 郷(), mais 里(sato), aussi l’on comprend que  ne se lisait pas «  »,  mais « sato ».

Ce « village (sato) » était différent des « communes rurales (mura) » d’aujourd’hui et comme on disait que « cinquante foyers constituent une localité[4]», on le divisa en localités (ri) de cinquante foyers. Et s’il apparaissait une localité qui n’atteignît pas les cinquante foyers dans le district, elle n’était pas reconnue comme telle et était appelée « hameau (amarube 余戸) ». Cela peut aussi s’écrire 余部. Vu que dans le district d’Ooshima il n’y a pas de hameau, on peut penser qu’à l’époque de Taika, il s’agissait d’un ensemble d’environ cent-cinquante foyers, mais à l’époque où fut écrit le Wamyô-shô, trois-cent trente-huit ans ayant passé depuis Taika, cela avait déjà pas mal changé.

Dans le village de Yashiro en particulier, un fief appelé le domaine de Yashiro avait même été créé.

Le village de Yashiro était du domaine public, c’est à dire appartenait à l’Etat, ses impôts étaient collectés par le gouvernement de la province de Suô, les gens qui y résidaient s’acquittaient de ce tribut et participaient à des corvées de service public.

Cependant, lorsque, la province se développant, les travaux publics se mirent à se multiplier, les corvées se multiplièrent [de même]. Ceux qui faisaient ces travaux étaient les habitants ordinaires, qu’on appelait entre deux travaux agricoles. Contrairement à maintenant, c’était une époque où il n’y avait ni bateau à vapeur, ni train à vapeur, ni automobile, et, de surcroît, la monnaie n’était pas très utilisée, aussi ne pouvait-on guère sortir de l’argent et employer les gens. Même du côté du gouvernement, lorsqu’on construisait des routes ou creusait des étangs, on faisait chaque fois appel à la population et on la faisait travailler. De plus, même si l’on percevait l’impôt en riz, comme on ne pouvait pas l’échanger immédiatement contre de l’argent, on en transportait les lourds et gros volumes par bateau ou à dos d’homme jusqu’aux greniers du bureau du district, aux greniers d’Etat, et il fallait aussi en monter jusqu’à la capitale. Un tel labeur était fort pénible.

Du reste, entre la capitale du Yamato et Dazai-fu[5] en Kyûshû, il y avait sans arrêt des allées et venues de fonctionnaires et quand on voyageait par voie de terre, les villageois devaient sortir et transporter leurs bagages.

 



[1] MINAMOTO no Shitagô 源順 (911-983) : poète et savant, un des trente-six génies poétiques (sanjûrokkasen 三十六歌仙).

[2] Mibu 美敷 : les caractères peuvent en effet se lire « Utsukushiki » dans d’autres cas.

[3] « Nifu » a, par déformation, donné au fil du temps « nyû ».

[4] Une localité : un ri , à l’origine cinquante foyers selon la loi du Ritsuryô-sei. En 715, les ri furent transformés en comprenant deux à trois ri. Ce système fut abrogé en 740.

[5] Dazai-fu 太宰府 : ville de Kyûshû qui tire son nom du Grand office (Dazai-fu 大宰府) qui y était situé, gérant aussi les îles d’Iki et de Tsushima.

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